Vous êtes propriétaire d’un lot boisé et vous désirez attirer davantage d’animaux sauvages sur votre terrain grâce à des moyens naturels. Cette fiche d’informations peut certainement vous aider!
Répondre aux besoins des animaux
Pour être intéressante et attractive pour un animal, une forêt doit offrir un lieu de repos, des sources alimentaires nutritives, des conditions propices à la reproduction ainsi qu’un lieu sécuritaire permettant de s’abriter des conditions climatiques difficiles et de se cacher des prédateurs. Bien que chaque espèce ait des besoins spécifiques, certains éléments répondent aux attentes d’un grand nombre. En maintenant, favorisant ou créant ces éléments dans son boisé, il est possible de générer un habitat favorable à un grand nombre d’espèces, que ce soit pour l’observation, la chasse ou simplement, le bien-être de la faune.
Éléments recherchés et conseils
1. Arbres et arbustes fruitiers
Les fruits et noisettes (sorbier, cerisier, pommetier, sureau, amélanchier, noisetier, cornouiller) fournissent une source alimentaire essentielle, surtout à l’automne et en hiver, pour de nombreuses espèces d’oiseaux et de petits mammifères.
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Maintenir ou planter ces espèces en bordure de forêt.
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Favoriser une diversité d’espèces fruitières pour prolonger la disponibilité des fruits tout au long de la saison.
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Éviter les coupes et les éclaircies précommerciales qui éliminent ces ressources.

2. Arbres à graines et à noix
Les chênes, hêtres, noyers, caryers, pins et épinettes fournissent une nourriture abondante et durable pour les ours, cerfs, geais, tamias, etc.
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Conserver plusieurs chicots par hectare; prioriser les arbres de gros diamètre, ayant des cavités naturelles ou des signes de pourriture.
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Protéger les gros feuillus (érables, bouleaux, trembles) susceptibles de développer des cavités.
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Maintenir les arbres morts non dangereux lors des travaux

3. Arbres vétérans, à cavités et chicots
Les arbres vétérans, à cavités et les chicots sont essentiels à la nidification (pics, sittelles, chouettes), à l’abri (chauves-souris, écureuils, mustélidés) et à l’alimentation (insectes décomposeurs) de nombreuses espèces.
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Conserver plusieurs chicots par hectare; prioriser les arbres de gros diamètre, ayant des cavités naturelles ou des signes de pourriture.
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Protéger les gros feuillus (érables, bouleaux, trembles) susceptibles de développer des cavités.
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Maintenir les arbres morts non dangereux lors des travaux

4. Débris ligneux au sol
Les souches ainsi que les troncs et branches au sol créent des abris pour les amphibiens, reptiles, insectes et petits mammifères, dont la martre et le pékan. Ils enrichissent aussi le sol en matière organique.
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Laisser sur place une partie des débris après un aménagement.
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Favoriser une répartition naturelle; éviter de rassembler tout le bois mort en un seul gros tas.
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Les milieux humides boisés et vieilles forêts sont particulièrement propices à la présence de bois mort.

5. Structure forestière diversifiée
Les différentes espèces fauniques utilisent des strates et des types de peuplements variés (ex. : jeunes arbres pour l’alimentation, forêts matures pour le couvert). Une mosaïque d’âges et d’espèces d’arbres accroît donc la qualité faunique du boisé.
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Réaliser de petites coupes (0,5 à 1 ha) en rotation plutôt qu’une coupe globale et uniforme.
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Varier l’intensité du prélèvement lors de coupes partielles.
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Favoriser la combinaison d’espèces, incluant des résineux et feuillus.
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Laisser régénérer naturellement les zones après une coupe.
6. Milieux humides, hydriques et riverains
Ces milieux, qu’ils soient permanents ou temporaires, sont essentiels à la reproduction des amphibiens et de plusieurs oiseaux, et au maintien d’une grande diversité d’espèces. Ils servent d’abreuvoirs ou de corridor de déplacement pour la faune.
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Maintenir une bande boisée d’un minimum de 10 m autour des plans d’eau, ruisseaux et milieux humides ouverts.
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Éviter le drainage et l’orniérage.
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Limiter le prélèvement de bois.
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Privilégier les travaux en hiver.
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Laisser les feuilles et débris au sol : ils conservent l’humidité et procurent des abris.

7. Végétation basse et sous-bois
Les broussailles, jeunes pousses et régénération dense sont des refuges et zones d’alimentation pour de nombreuses espèces.
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Laisser des zones de régénération naturelle après les coupes.
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Maintenir des arbustes lors de l’entretien.
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Diversifier les essences pour prolonger la disponibilité alimentaire.

8. Zones ouvertes et herbacées
Les trouées en forêt procurent des sources d’alimentation estivales (insectes, plantes herbacées) et servent à la parade et à la nidification de certaines espèces comme la gélinotte et la bécasse. Les fleurs attirent les pollinisateurs (abeilles, papillons) et autres insectes, qui sont une base alimentaire pour de nombreux oiseaux et amphibiens.
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Créer de petites clairières (0,2 à 1 ha) dispersées.
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Maintenir des bandes herbacées en bordure de chemin.
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Favoriser une diversité d’herbacées; ensemencer au besoin. Les espèces indigènes à floraison échelonnée (trèfle, verge d’or, asters, monardes) sont particulièrement intéressantes.

9. Bordures et lisières
Les bordures entre milieux (forêt-champ, forêt-route, forêt-clairière) attirent une grande variété d’espèces, notamment d’oiseaux et de mammifères.
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Réaliser des coupes aux bordures irrégulières.
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Favoriser des transitions progressives en hauteur et densité plutôt que des ruptures nettes.
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Planter des arbustes et de jeunes arbres en lisière pour créer une transition étagée au besoin.

10. Zones peu perturbées
Des zones tranquilles permettent la reproduction et le repos des animaux sensibles au dérangement (tétras, lièvre, amphibiens).
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Limiter la circulation motorisée et les interventions répétées dans certains secteurs.
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Laisser certaines zones évoluer naturellement; sans coupe.
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Prévoir des corridors de déplacement entre les habitats (lisières boisées continues).

