Articles été 2026

Passer à l’action : pour protéger les espèces sensibles en forêt

Laëtitia Hoareau, Nature-Action Québec


Pic à tête rouge : un oiseau qui fréquente surtout les forêts dominées par les chênes et les hêtres

 

Votre lot boisé n’est pas seulement une source de bois ou de tranquillité : il peut aussi abriter des espèces rares, parfois à votre insu. En tant que propriétaire, il est possible d’agir concrètement pour les protéger, sans renoncer à l’aménagement de votre forêt. Encore faut-il savoir où regarder et quelles pratiques privilégier!

Des forêts privées au coeur de la biodiversité

Au sud du Québec, les forêts privées sont omniprésentes dans le paysage. Utilisés pour la production forestière, les loisirs ou simplement pour le plaisir de posséder un terrain naturel, ces morceaux de forêt sont gérés par des milliers de propriétaires chaque jour.

Ces boisés abritent aussi une grande diversité de plantes et d’animaux, dont certaines espèces rares ou sensibles. Sans toujours en avoir conscience, les propriétaires jouent donc un rôle clé dans la protection de la biodiversité.

Mais ce rôle peut sembler complexe : comment reconnaître une espèce sensible? Quelles sont les obligations et les bonnes pratiques? Et comment concilier protection des milieux naturels et rentabilité du lot?

 

Des milieux à forte valeur écologique

Heureusement, il existe des façons simples d’être accompagné et d’adapter ses pratiques. Cet article vous propose une vue d’ensemble concrète : identifier ce qui se trouve sur votre terrain, comprendre pourquoi c’est important et découvrir comment protéger ces milieux tout en continuant à aménager votre forêt.

Pris individuellement, les lots boisés peuvent sembler modestes, mais ensemble, ils forment un vaste réseau écologique à l’échelle du territoire. Ces boisés servent de refuges pour plusieurs espèces et permettent aux animaux et aux plantes de circuler d’un milieu à l’autre : on parle de « connectivité écologique ».

Il n’est pas rare de retrouver sur un lot privé : des plantes protégées, des oiseaux forestiers, des insectes spécialisés, ou encore, des espèces associées aux milieux humides. Certaines d’entre elles sont dites « sensibles », c’est-à-dire vulnérables aux perturbations de leur environnement.

Certains milieux présents sur les propriétés privées jouent un rôle particulièrement important pour la biodiversité, notamment :
le bois mort (arbres morts ou en décomposition);
les milieux humides (marais, marécages, tourbières);
les bandes riveraines;
les vieux arbres et les peuplements matures.

 

Observer et mieux comprendre son terrain

Pas besoin d’être biologiste pour commencer. Une observation attentive de la faune et de la flore permet déjà de mieux comprendre son milieu.

Vous pouvez, par exemple :

repérer des espèces inhabituelles;
documenter vos observations par des photos;
utiliser des applications d’identification comme iNaturalist.

Pour la flore, il est recommandé de laisser les spécimens en place, sans prélèvement.

Pour aller plus loin, le recours à des spécialistes, comme des conseillers forestiers, des biologistes, des organismes de conservation et même une combinaison des trois, permet d’obtenir un portrait plus complet. Les professionnels pourront identifier les espèces présentes, repérer les habitats sensibles et suggérer des mesures adaptées.

 

Adapter les pratiques sans tout transformer

Chaque lot boisé est différent. L’accompagnement sert à respecter les objectifs de production, de loisir et de conservation et à proposer des solutions concrètes.

Il est souvent possible d’apporter de petits changements qui font une grande différence, comme :
conserver certains arbres morts;
éviter les coupes uniformes sur de grandes superficies;
protéger les zones humides;
encadrer la circulation des machines sur le lot;
baliser les zones sensibles avant les travaux;
maintenir une diversité d’essences forestières.

La planification des travaux est également déterminante. Elle permet, par exemple, d’éviter les périodes de nidification des oiseaux ou de limiter les perturbations pour la faune.

Pour faciliter votre gestion, ces mesures peuvent être intégrées directement à un plan d’aménagement forestier bonifié. Diverses aides et divers programmes d’accompagnement existent pour soutenir les propriétaires dans cette démarche de protection de la biodiversité.

 

Contactez dès maintenant Nature-Action Québec pour
savoir comment recevoir votre plan bonifié.

 

Un levier reconnu et des bénéfices concrets

Les pratiques favorables à la biodiversité sont de plus en plus reconnues. Elles peuvent contribuer à valoriser un lot boisé, à améliorer l’image du propriétaire et, dans certains cas, à ouvrir l’accès à certains programmes ou incitatifs.

Les forêts privées du Québec jouent un rôle essentiel dans la protection de la biodiversité. Les propriétaires sont au coeur de cet enjeu. Même avec des moyens limités, il est possible d’agir concrètement pour protéger les espèces sensibles présentes sur un lot boisé.


Avec un peu d’information, un accompagnement adapté et des pratiques ajustées, il devient possible de concilier production forestière et respect du milieu naturel. Chaque geste compte, et ensemble, ces actions contribuent à préserver la richesse des forêts québécoises pour les générations futures.

 

 

S'informer et s'entourer

Pour amorcer ou approfondir une démarche, il est possible de s’adresser à différents intervenants du milieu.

Pour trouver un organisme de conservation près de chez vous :
 rocq.ca

Pour contacter les biologistes de Nature-Action Québec :
info@nature-action.qc.ca

 

 

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