PETITE PARCELLE, GROS POTENTIEL!
MATHIEU DUMONT, GROUPE TEAM P.A.C.
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■ (photo :Mathieu Dumont)
Chaque chasseur rêve de posséder un immense terrain de chasse où les gibiers abondent, mais pour la plupart, la réalité est tout autre. La grande majorité des chasseurs de cerf de Virginie du Québec ont seulement accès à une terre qu’ils partagent souvent avec leur groupe. Dans l’article qui suit, je vous expliquerai comment il est possible de maximiser vos chances de récolter un gibier grâce à de petits terrains souvent oubliés ou délaissés par les autres chasseurs.
LES AVANTAGES DE CIBLER DES PETITES PARCELLES
Le prix de location ou d’achat des terrains est directement proportionnel à leur superficie. Cependant, un terrain plus grand ne veut pas nécessairement dire un terrain meilleur. Si l’on obtient le bon terrain, les chances de récolte ne sont pas moindres sur un 10 acres que sur un 100 acres. Il y a quatre ans, j’ai moi-même fait l’acquisition d’un terrain agroforestier de neuf acres sur lequel mon père et moi avons respectivement récolté deux beaux mâles chevreuils en 2018 et en 2019. Si vous caressez le désir d’être propriétaire de votre propre terrain de chasse, le fait de mettre vos énergies sur un petit lot rend souvent le projet beaucoup plus accessible.
![]() L’auteur et sa récolte 2018 sur moins de 10 acres. (Photo : Mathieu Dumont) |
![]() Récolte tardive de 2019 sur le même territoire. (Photo : Mathieu Dumont) |
LA FACILITÉ D’ACCÈS DE CE TYPE DE TERRITOIRE DE CHASSE
Nous savons tous que la grande majorité des terres privées sont très convoitées et qu’il est très difficile de dénicher un nouveau territoire de chasse. C’est pourquoi en visant un plus petit coin de terre délaissé par les autres chasseurs les chances d’obtenir une permission sont grandement supérieures. Le genre de terrain que l’on recherche est un petit boisé derrière une maison, un vieux pacage, une bande de marécages entre deux champs, un chemin forestier, une digue de castor, un petit ilot de bois près de la route. Bref, le but est de penser autrement que la majorité et de réussir à trouver un petit coin qui ne semble pas intéresser les autres chasseurs de la région.

Photo : Audrey Perron-Breaut
LES STATISTIQUES
Plus tu as de choix de sites, plus tu as d’opportunités de trouver le gibier convoité. Très peu de chasseurs ont la chance de posséder un endroit de chasse parfait où il est facile de trouver un beau cerf chaque automne. Pour la plupart d’entre nous, il faut les chercher et c’est particulièrement vrai pour ceux qui visent la récolte d’un grand mâle. Chaque été, je passe plusieurs heures à installer des caméras de surveillance dans le but de recenser les chevreuils présents sur chaque territoire. Par la suite, je place mes efforts là où j’ai réussi à trouver ce qui m’intéresse comme chevreuil. Ce n’est pas rare que les chevreuils les plus intéressants se retrouvent sur de très petits lots de bois que je ne pensais même pas chasser il y a quelques années.
LA PERMISSIVITÉ D’AVOIR DES ENDROITS DE CHASSE SECONDAIRES
Si par malchance lors de vos dernières sorties de chasse les cerfs vous ont détectés sur votre site primaire, vous devez laisser ce terrain tranquille pendant quelques jours au minimum et changer votre approche. En ayant un deuxième ou même un troisième territoire de chasse sur de petites parcelles, vous pourrez opter pour ces sites lors des prochaines sorties. Ainsi, vous éviterez complètement d’anéantir vos chances sur le site où vous avez été détecté. Vous serez également moins prévisible pour les chevreuils qui fréquentent vos sites et l’effet de surprise est souvent un élément clé dans le succès d’une partie de chasse.
Les cerfs sont souvent moins méfiants. Ceci est seulement vrai pour les petits boisés près des routes ou des maisons. Vous pourriez rester surpris de la quantité de photos de chevreuils que vous pourrez obtenir en plein jour à l’intérieur d’une zone de 100 mètres où il y a une construction tout près. Les cerfs se sont habitués à la présence humaine tout au long de l’année ce qui procure un avantage indéniable lorsque la chasse arrive.
QUOI RECHERCHER COMME TYPE DE PARCELLE
Le cerf de Virginie n’est pas différent de la majorité des mammifères terrestres et il doit combler des besoins de base chaque jour. Il doit trouver un endroit où se cacher pour s’abriter des prédateurs, une source d’eau pour s’abreuver et assez de nourriture pour combler ses dépenses énergétiques quotidiennes. Trouver un terrain qui regroupe tous les besoins du chevreuil au même endroit est difficile. C’est pourquoi il est important de classer les besoins du cerf en ordre d’importance.
Tout d’abord, je mettrais l’accent sur la recherche d’un territoire assez dense qui permet au chevreuil de se cacher et de se sentir en sécurité. Le dortoir du cerf n’a pas besoin d’être directement sur votre terrain. Il doit seulement être assez proche pour que les chevreuils utilisent votre petit lot dans les heures légales de chasse. Avoir de la nourriture sur votre terrain est également très important pour espérer récolter un chevreuil. Si votre petite parcelle regorge de nourriture, c’est tant mieux. Sinon, il est facile de pallier ce manque.
Un beau mâle se régalant de trèfles dans un champ aménagé spécialement pour lui. (Photo : Mathieu Dumont)
Pour ce qui est de la présence d’eau, cet élément est beaucoup moins important à mes yeux, car les cerfs semblent trouver de l’eau un peu partout lors de leurs déplacements et ne s’artardent pas vraiment longtemps à un point d’eau précis. Toutefois, avec les étés et les automnes très secs des dernières années, cette tendance tend à changer et les cerfs cherchent de plus en plus de nouvelles façons d’étancher leur soif. Dans un futur plus ou moins rapproché, l’eau va possiblement devenir de plus en plus importante dans les stratégies de chasse. Peu importe la parcelle trouvée, il est presque toujours possible de l’aménager efficacement pour vos chevreuils. Il n’y a pas de mauvais territoire de chasse seulement des mauvaises façons de l’exploiter, à condition bien sûr qu’il y ait des cerfs dans les environs.
COMMENT CHASSER DE PETITS TERRITOIRES
Ma façon de chasser sur un terrain de moins de 10 acres n’est pas différente lorsque je chasse sur un terrain de plus grande envergure. Il faut cependant être plus vigilant sur un petit lot. En raison de la grandeur de la parcelle, les erreurs peuvent avoir des impacts beaucoup plus grands. Il est très important de chasser une petite parcelle en périphérie de celle-ci et de ne pas mettre les pieds partout à l’intérieur de celle-ci lors de la saison de chasse. Un grand pourcentage du terrain devrait agir comme un sanctuaire où, dès le début du mois de septembre, les perturbations humaines devraient être maintenues au minimum.
Photo : Mathieu Dumont
LE MOT DE LA FIN
Le plus important avec une petite parcelle ou une plus grande est de vous amuser. Faites vos propres tests, n’hésitez pas à prendre des risques et à varier vos façons d’aborder une saison de chasse. Vous allez certainement faire de bons coups comme des mauvais, mais la courbe d’apprentissage va vous aider à comprendre mieux le gibier. Je crois sincèrement que d’avoir accès à une petite parcelle vous aidera dans votre cheminement, et ce, peu importe votre niveau de connaissances actuel.



